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Premier raid, premier Gévau... PDF Imprimer
Dimanche, 15 Mai 2016 21:45

Jeudi 5 Mai 17H00. Ca y est j’y suis. Les dossards sont pris. Je rentre de plein pied dans mon 1er Gévaudathlon. Depuis 3 jours et ma dernière sortie VTT, je trépigne et je n’attends plus que cela. Me voilà, moi l’ancien routier, au milieu de tous les autres concurrents qui parlent de leur dernier Gévau ou encore de leur dernier raid ou trail. Est-ce le moment et utile que je leur parle de ma dernière course. Une petite cyclo sportive toute plate de 2 heures à peine. Ou mieux encore, de mon avant dernière course, datant de près de 18 ans.

Non, j’écoute, je reste concentré. Pleins de questions fusent dans ma tête.  Je me demande à quelle sauce je vais être mangé ? Me suis-je assez entrainé ? Quantitativement t qualitativement parlant. Ai-je bien récupéré ? Pas de réponse. On verra bien.
21H00 : Briefing de départ. Le prologue sera donc un tour de ville « suivi de fiat 500 », une CO individuelle dans Marvejols avec pour finir un trail en côte jusqu’au col de Goudard. Me voici avec mon coéquipier de Gévau, le Grand Yves, prêt à partir. Dernières vérifications : frontale OK, porte bidon et bidon ok, 3, 2, 1, partez.
Tour de ville RAS, tout se passe bien (ok c’était à peine 1 km), je bifurque à droite et attrape la carte dans les mains de Bart. Pour l’examiner correctement, je décide d’aller dans une ruelle calme et isolé. Quasi première minute du Gévau et première erreur. La ruelle est sombre, soit je ne vois rien sur la carte soit je vois le reflet de ma frontale. Ça commence bien. Bref, une fois les premières balises repérées, j’y cours, en passant bien évidemment à côté de la plus évidente. J’ai pourtant  vu mon pot Francky, qui avait pour mission de veiller sur celle-ci. Malgré cette erreur, je pointe toutes les balises et retrouve Yves pour notre balade vers Goudard. Pas de réels problèmes d’orientation pour ce trail, il suffit presque de suivre les balises. Physiquement, c’est un bon et très beau trail avec plus de 400 de dénivelé positif sur 10 bornes et le tout en 1H20. Pour être honnête, je ne sais plus trop ou je suis. Non pas que je sois exténué par l’effort. Mais je suis complètement déboussolé. C’est une drôle de sensation de se retrouver à un endroit que tu connais parfaitement de jour et d’être incapable de le situer car tu y es arrivé de nuit et par un chemin (coulé de ruisseau) invraisemblable. Il est aussi surtout l’heure d’aller se ravitailler et se  coucher.
Quatre heures après s’être endormi, il faut se préparer. Le programme aujourd’hui, c’est Auroux – Langogne, 100 km de promenade (alors qu’il y a 15 bornes entre ces deux bleds). Tout commence par un vtt RoadBook. Tout se passe pour le mieux, la progression est fluide, le rythme élevé. Yves oriente à merveille. Nous revoilà à Auroux. Je ressens alors ma première petite contracture de la journée. Je mange un peu, assez, je ne sais pas. Je repars en courant pour le Run & Bike, puis à vélo, puis en courant, puis …… vous connaissez l’épreuve mieux que moi. Cette épreuve n’est pas la plus ludique mais il faut la faire. Détail de l’épreuve, Yves m’a laissé seul 5 minutes et je me suis perdu. Du moins je n’ai pas trouvé l’épingle où il devait laisser son vélo car il n’y avait pas d’épingle à proprement parlé et pas plus de vélo.
Nous attaquons maintenant le gros trail de la journée et pour moi le début de quasiment 7 heures de galère. Les deux heures que nous passons à marcher me sont détestables. Heureusement que le parcours et le visuel sont magnifiques. J’ai le cœur qui s’affole dans tous les « raidars », j’ai du mal à respirer, du moins à ventiler correctement. La nourriture de la transition ne passe pas mais j’avance tant bien que mal (ou l’inverse). Le plus dur pour moi à ce moment-là, n’est peut-être pas la difficulté physique dans laquelle je suis mais plutôt la culpabilité que je porte. Je m’excuse auprès d’Yves 10 fois 100 fois car je me traîne comme ce n’est pas permis et lui il me subit depuis maintenant près de 2 heures. Il doit sûrement penser que la suite va être longue. Nous voilà enfin à l’arrivée du trail et au départ du canoë que nous décidons de ne pas faire. Même si sur le plan purement sportif cela peut paraitre dommage, sur le plan comptable, c’est judicieux car avec le canoë nous ne serions pas rentrés dans le « portail » horaires des 10 heures. Je ne sais même pas si nous serions rentrés tout court.
Sur le VTT suivant, je ne suis guère plus glorieux. L’avancé et relativement bonne. Seulement, mes contractures sont de plus en plus présentes. Je recherche la moindre pierre ou le moindre talus pour remonter sur mon vélo car cela devient de plus en plus difficile. Le trail et le vtt Orientation qui suivront ne feront qu’augmenter les contractures. Jusqu’à la CO ou je ne peux tout simplement plus courir et marche avec difficultés. Yves fait la CO seul et je le retrouve à la balise 9. Je dois mettre 15 minutes pour effectuer 200 mètres (record à battre). En attendant Yves, je décide alors de m’étirer. Impossible, quand j’étire les quadriceps, ce sont les ischio qui se contractent et vice et versa. Du coup, je gamberge. Je repense à ma préparation, était-elle suffisante, adéquat avec l’effort que demande le gévaudathlon, assez intense, les pâtes étaient-elles assez cuites ? Des tas de questions auxquelles je n’ai aucune réponse à ce moment précis. Yves fait une super Co et revient. Il reste à peine plus d’une demi-heure de vélo et une petite co et c’est la fin. Le repos m’a fait du bien et pour terminer la formidable journée d’Yves, je me fais violence pour en finir avec cette journée. Journée de tout de même 11 heures d’effort.
Quand j’arrive chez moi, je me dis que j’ai été bien con d’avoir acheté une maison avec des p@#@ #+$£ d’escaliers.
S’en suive le repas plus un dodo de 7 heures. Ouf. La nuit est douloureuse mais réparatrice.
Samedi, c’est départ de Saint Sauveur de Peyre pour une petite journée de quatre épreuves. Quand on connait les gorges de l’enfer et de la Colagne, on se dit quand même que la journée sera très belle mais surtout très fatigante. Mise en bouche comme la veille, un VTT RoadBook ; La première partie est plutôt roulante, on double pas mal d’équipe. J’attends avec impatience et appréhension la fameuse montée du Président. En attendant, les descentes se font de plus en plus techniques. Ce qui devait arriver, arriva. Mauvaise trajectoire, mauvais freinage, mauvais pilote tout simplement et me voilà au tas. Un joli soleil avec le vélo qui te passe par-dessus la tête. Après m’être fait engueuler par le concurrent qui me suivait, ignoré par les 2 autres, une CONCURRENTE  me demande si tout va bien, je crois. Je remonte sur mon vélo, je n’ai pas le temps d’enclencher mes cales que je me retrouve à nouveau à terre. A partir de là, je ne suis plus dans la course. Je fais toutes les descentes à pied, les montées aussi et même le monotrace final. Je subis complètement le sentier sur mon vélo et suis incapable de prendre la bonne décision. Enfin bon, nous voilà à Saint Léger et quel soulagement de retrouver Floriane et surprise de voir mes nièces.
Nous enchaînons sur le trail sur un rythme de croisière qui me permet de me remettre dans la course. Un très jolie trail que nous voit monter vers les Pradels, pour ensuite traverser la Colagne avec retour sur Saint Léger. Le vtt Orientation attaque lui par 350 de dénivelé + pour aller chercher le monotrace de Bart. Sur ce VTT O Yves assure, une fois de plus, comme un chef dans l’orientation (comme dans tout le Gévau d’ailleurs) et nous conduit sans trop d’encombre jusqu’à la fameuse croix du siffleur pour la dernière étape.
Yves est déchainé, lors de cette dernière transition, nous avalons que du sucre et nous voilà parti pour l’impitoyable CO score. Dans le premier chemin, nous marchons et calculons les balises que nous irons chercher. Nous décidons d’aller chercher la 10  la 11 et la 12. La 12 est trouvé facilement après avoir traversé quelques « bartas ». Nous allons ensuite sur la 10 qui coûte le plus cher. C’est bon elle est à gauche. On plonge sur la 11 qui nous donnera du fil à retordre et surtout fera perdre des minutes précieuses. Il nous reste 25 minutes pour arriver à Marvejols  alors que nous avion misé sur 30 minutes. Ça va être chaud.
Yves commence à avoir à son tour une contracture. Il me fait passer le doigt électronique pour effectuer les derniers va et vient afin de pointer les balises. Il me les indique et trace sa route. Je pointe la 14, la 15 tout est dans la boîte. Il ne reste plus qu’une bonne vieille et horrible descente  qui se nomme « coste dreche » et enfin l’arrivée sur Mascoussel.
Je rattrape Yves au bas de la côte. Je regarde ma montre et au petit pont avant Mascoussel je dis à Yves qu’il nous reste 1 minute et on rentre dans l’heure dix imposés. Tel Stéphane Diagana et Marc Raquil nous voilà partir pour un sprint de 400 mètres avec une seule haie certes mais quand même. Au final, il nous restera 21 secondes de marge.
Ca y est, j’ai fini mon premier Gévaudathlon après plus de 19 heures d’efforts.
Je suis content et déçu. Déçu pour Yves, car lui, au contraire de moi, était bien préparé. Sa forme aurait mérité plus.
Content car mine de rien le Gévaudathlon c’est un sacré chantier. Et puis en regardant mon carnet d’entrainement, en deux ans je n’ai que  43 heures de vtt et 49 de course à pied dans les jambes. Tout le reste n’est que vélo route au train pour perdre mon surpoids.
Content aussi car depuis Samedi 17 heures, je ne pense qu’à une seule chose. Revenir sur cette épreuve, et m’entrainer pour bien y figurer. Il y a du boulot car il faudra palier à mes faiblesses qui sont « très » nombreuses pour ce genre d’épreuves.
Pour finir, je tiens à remercier, bien évidemment Yves (pour tout ce que j’énonce avant), Audrey et Benjamin pour leur soutien moral, logistique, leur présence et ce qu’ils sont. Mais je tiens surtout à remercie Floriane notre assistante sur les 3 jours et surtout ma compagne. Elle qui est si loin du milieu sportif dans sa vie de tous les jours. Elle nous a apporté toute sa bienveillance et sa générosité afin que nos transitions se passent pour le mieux. Elle m’a aussi supporté ces derniers mois lors de mes entrainements, ce qui n’est pas rien non plus. Merci aussi  à l’organisation pour leur travail, leurs sourires et leurs encouragements.
Je finirais par une anecdote. Lorsque je cherchais une frontale pour pouvoir courir la nuit, je demande conseil à Benjamin. A la fin de nos échanges, je lui dis :
-    « tu sais je ne cherche pas une grosse autonomie, car je ne ferais que des raids courts (voire peut être qu’un seul Gévau)  et de jours ».
Il me répond :
-    « Fais gaffe, on y prend vite goût »
Et vous savez quoi ?
Je pense qu’il a raison une fois de plus.

Nico Gachon

Commentaires
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Yv  - La faute a Benj... Quoique   |16-05-2016 21:00:21
Joli récit mon Nico, rassure toi, pas de frustration de mon côté, j'ai plus
l'âge
A tres bientôt pour d'autres aventurrrres
Yv  - et Floriane   |16-05-2016 21:01:29
Au top tout le temps, mille merci
Audrey B   |18-05-2016 15:24:34
Que du Bonheur d'avoir suivi cette belle équipe... Et oui fait gaffe on y prend
vite goût car même dans la douleur ce n'est que du Plaisir... Bravo à toi, tu
as mené ce premier gévau d'une bien belle façon.
Nicolas R  - Bravo   |19-05-2016 11:11:25
Bravo a tous les 2! C'est pas le plus facile le Gevau pour une première,
chapeau!
Le concombre masqué  - Je suis une quiche et je le reste   |23-05-2016 21:46:24
Oui Audrey, tu as raison, je mérite un faisage de gueule de quatre jours car je
t'ai lamentablement oublié alors que tu étais bien là à nous enguele...
pardon motiver. Merci à toi pour tout et à ton copain aussi. Bzz
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